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mardi 1 janvier 2019

Ujitawara, vrai village du thé

Pour les amateurs de thé, ce qu'on appelle "thé de Kyōto" ou, d'un air plus savant, "thé d'Uji", ne vient pas exactement des villes de Kyōto ou d'Uji. Par définition, ce sont des villes, peu de produits agricoles viennent réellement de là... En réalité, le thé matcha, si réputé, vient en grande partie du village d'Ujitawara, non loin de là. Et les plaques ne sauraient mentir:
Il s'agit là probablement d'une des plus belles plaques du pays. Même Google est au courant, puisque la plaque, en tant que modèle unique et magnifique, est répertoriée sur Google Maps: elle se trouve ici. De façon simplifiée, on trouve une autre version dans toute le village:
La cueillette du thé reste une activité traditionnelle et les plantations marquent le paysage. Les pentes des montagnes sont recouvertes de théiers:
Tout un système de câbles, de bâches et de ventilateurs permet aux feuilles de thé de se développer en contrôlant précisément les conditions d'hygrométrie et d'ensoleillement. En effet, on ne récolte pas un matcha d'excellence par hasard!
Mais Ujitawara recèle aussi un autre trésor: le temple Shōju-in, souvent qualifié de "temple le plus instagrammable de Kyōto". Un titre pareil, cela mérite une petite visite; mais vraiment, ça se mérite. Après avoir repéré l'endroit sur la carte, il m'a semblé sage de demander à l'office de tourisme comment s'y rendre. Et là, après un instant de stupeur, la dame a appelé un de ses collègues, pour m'annoncer en cœur: "on ne vous le conseille pas, c'est trop compliqué." Bon, il en faut un peu plus pour m'arrêter. Du coup, elle m'a indiqué l'itinéraire: un train local jusqu'à Uji, un bus municipal jusqu'à Ujitawara, puis un bus local (gratuit) jusqu'en bas du temple, puis 10 minutes de marche. Le tout avec un avertissement: "la fréquence du bus local est très faible, et en cas d'affluence, les habitants sont prioritaires sur les touristes." Dans l'hypothèse où ma motivation n'aurait pas encore disparu, elle m'a donné la fiche avec les horaires du bus local:
Avec toutes ces informations, plus le choix: il fallait y aller. C'est donc à l'aube que je suis partie, munie d'un appareil-photo à la batterie bien chargée. Train local, bus municipal: facile. Une fois à la station de bus local, une petite inquiétude: et si la foule se pressait dans le bus? J'ai été vite rassurée: grâce à cet horaire (très) matinal, et sans doute aussi grâce à la journée caniculaire, il y avait de la place dans le bus... en fait, j'étais la seule passagère. Le chauffeur a donc engagé la conversation, et au lieu de me déposer en bas du temple (avec une montée un peu raide, à pied, par 40°C), il a fait un détour pour me poser devant l'entrée du temple. Mieux, il m'a donné rendez-vous pour le trajet retour. Bref, comme souvent au Japon, ce qui s'annonce compliqué a priori se révèle finalement beaucoup plus simple dans la pratique. Ce temple, vieux de 800 ans mais régulièrement restauré, est particulièrement célèbre pour sa fenêtre Inome, "en forme de cœur":
Le cœur est un symbole traditionnellement utilisé au Japon en signe de porte-bonheur, sans la connotation sentimentale que nous pouvons lui accorder en Occident. Cette fenêtre, donnant sur un jardin japonais soigné, est surtout photographiée au printemps avec le cerisier fleuri à droite, en automne avec l'érable rougi à gauche, en hiver avec de la neige qui recouvre tout... mais là, il faudra se contenter de la végétation verdoyante estivale. De plus, il est préférable d'y aller dans l'après-midi, au moment où le soleil passe par la fenêtre et dessine un cœur sur le tatami. Là encore, il faudra se contenter d'une photo matinale, puisque le chauffeur du bus m'avait donné rendez-vous. Mais c'est déjà joli. Dans cette même pièce, le plafond est aussi remarquable, puisqu'il est recouvert de 160 peintures (un petit extrait seulement en photo):
La pièce n'est pas très grande, donc il n'est pas facile de prendre du recul, mais voici une photo pour donner une idée de l'agencement:
De l'autre côté du temple, un jardin très coloré permet de prolonger la promenade. Il est rempli d'innombrables fūrins, des clochettes de verre qui tintent avec le vent:
De minuscules Jizōs, tous plus mignons les uns que les autres, se cachent dans tous les recoins du jardin:
Comme on est au cœur des plantations de thé, la visite comprend aussi une dégustation de thé local, dans un petit pavillon avec vue sur le jardin:
C'est vrai que tout dans ce temple, et aux alentours, est plutôt photogénique. Mais c'est sur le spot le plus emblématique que l'on va rester pour des vœux de bonne année!

dimanche 14 octobre 2018

Naruto, ville au tourbillon

De retour après une longue absence... mais avec une bonne nouvelle: j'ai collecté plein de nouvelles plaques, dans des coins parfois peu fréquentés! Commençons par un endroit que seuls les passionnés d'océanographie doivent connaître: Naruto. En effet, Naruto doit sa renommée à ses fameux tourbillons, mis en valeur dès l'arrivée à la gare, sur les plaques:
D'ailleurs, la paresse et la chaleur pourraient inciter à se contenter des plaques, puisque le phénomène est très bien représenté dessus. Mais tout de même, après un trajet en train assez long, ce serait dommage de s'arrêter si près du but. Et puis le phénomène est, semble-t-il, très rare (à part ici, on ne peut l'observer qu'en Norvège, à Moskenstraumen dans les îles Lofoten, et à Old Sow, à la frontière entre les États-Unis et le Canada), et l'heure de la marée haute approche, donc la décision est prise: après une attente en plein soleil, c'est le départ en bus jusqu'au spot d'observation. Et là, on peut admirer exactement ce que montrent les plaques (sauf le poisson qui saute):
Il s'agit du pont Ōnaruto, qui relie Naruto à l'île voisine d'Awaji, et qui se poursuit ensuite jusqu'à Kōbe. Le détroit enjambé par ce pont est très étroit, à peine 1300 mètres, ce qui explique le phénomène du tourbillon. En fait, ce détroit marque la limite entre la mer Intérieure (à gauche sur la photo) et l'océan Pacifique (à droite). Les marées de ces 2 bassins maritimes ne sont pas tout à fait synchronisées, ce qui entraîne un décalage entre le niveau de la mer de part et d'autre; en conséquence, l'eau se déverse depuis le côté où la marée est la plus haute vers le côté où la marée est plus basse. La force de Coriolis forme alors ces tourbillons lorsque l'eau s'écoule, à la vitesse de 20 km/h environ (cette vitesse élevée est liée à l'étroitesse du détroit). Le phénomène se produit donc 2 fois par jour, au rythme des marées; et il est d'autant plus fort que l'amplitude des marées est importante, c'est-à-dire lors des marées d'équinoxe. Cependant, même lors d'une marée "normale", cela reste impressionnant. Naruto a su tirer profit de ce phénomène: la ville a mis en place de nombreux moyens pour venir observer les eaux déchaînées. Par exemple, des bateaux remplis de touristes s'approchent au plus près du cœur des tourbillons:
Avec moins de sensations mais sans doute une meilleure vue, le pont est accessible aux piétons et permet de surplomber les tourbillons à la verticale, à une quarantaine de mètres de hauteur:
Ces tourbillons peuvent atteindre 20 mètres de diamètre, pour 1,7 mètre de profondeur:
Toutes les autres installations (musée, restaurants, camping...) sont là pour glorifier les tourbillons et faire déambuler les touristes autour de cette attraction. Il faut noter tout de même que cette particularité locale a donné son nom à une spécialité culinaire (pas locale, d'ailleurs), le narutomaki:
Il s'agit du petit élément décoratif (mais comestible aussi), blanc et rose, qui accompagne généralement un bol de rāmen. Cette sorte de surimi, en forme de spirale, rappelle les tourbillons et signifie "rouleau de Naruto".

dimanche 24 juin 2018

Les plages du Grand Bleu

Karatsu, Itoshima, Yobuko... Voici des noms qui parlent peu, et pour cause: il s'agit de petites communes le long de la côte nord-ouest de Kyūshū. Pas l'endroit le plus fréquenté, c'est vrai. Mais comme l'été arrive, il est tentant de regarder du côté des plages. Les plaques de ces communes sont d'ailleurs très orientées vers la mer. Par exemple, la plaque de Karatsu montre les vagues et les pins (stylisés), visibles de la plage:
Pour l'anecdote, la plaque de Karatsu a été la toute première de ma collection; petite pensée émue. Du côté d'Itoshima, une plaque présente un épi de riz:
Plus localement, le quartier de Shima met en avant des paysages typiques du bord de mer:
Veuillez tourner la tête ou l'écran pour voir chaque scène. À Yobuko, ce sont un gigantesque pont et un banc de seiches qui ornent la plaque:
Bien sûr, ces sites ne sont pas particulièrement célèbres et visités des étrangers. Pourtant, ces plages se vantent d'un titre de gloire (Karatsu plus spécialement): c'est là que Jacques Mayol, héros du film Le grand bleu, aurait découvert sa passion pour la plongée, alors qu'il passait son enfance à Shanghaï, non loin de la région, dans les années 1930. Il paraît même que c'est là qu'il aurait rencontré un dauphin pour la première fois. Pour ma part, c'est là que je me suis baignée pour la première fois au Japon. Ce fut aussi le lieu d'une rencontre mémorable, mais moins fascinante: un banc de méduses. Après 3 minutes dans l'eau et 5 ou 6 piqûres, j'ai capitulé, sans avoir aperçu le moindre dauphin. Mieux vaut donc se promener dans cette petite ville, qui a beaucoup de charme. Par exemple, le château mérite le détour:
Ce château, surnommé Maizuru-Jō ("Château de la Grue Dansante"), date du XVII° siècle et doit son surnom à la forme de la forêt de pins dans laquelle il s'est implanté, posé sur une colline. La forêt a été largement transformée et réduite depuis, mais la colline est bien là. Du sommet du château, il est alors possible d'avoir une très belle vue sur la ville, la plage et les îles en face:
Cependant, comme la baignade n'est plus aussi recommandée que dans les années 1930, mieux vaut venir à Karatsu début novembre, lorsque se déroule le festival Karatsu Kunchi:
Il s'agit d'un défilé de 14 chars (ici l'orque à tête de tigre), tous plus lourds les uns que les autres, chacun représentant un quartier de la ville. Les habitants du quartier ont pour mission de tirer le char au son du pipeau, tandis que les habitants des quartiers adverses font du poids pour freiner la course. Ces festivals sont assez classiques au Japon, mais toujours surprenants pour des étrangers. Mais retrouvons un rythme plus calme pour aller jusqu'à Itoshima. Le rythme est d'autant plus calme que le train ne permet pas d'aller jusqu'à la plage, donc un partie du trajet à dû se faire à pied (avec pas mal de pauses pour les photos). Le site emblématique est le sanctuaire Sakurai sur la plage Futamigaura:
Le coup de maître consiste à admirer le coucher de soleil entre les rochers. Malheureusement, au bout de plusieurs heures de marche, j'ai eu tout le loisir de voir le ciel se couvrir et mes chances d'assister à un coucher de soleil acceptable disparaître. Pour le plaisir, voici quand même un joli coucher de soleil sur une plage voisine, capté quelques jours plus tôt:
Poursuivons maintenant jusqu'à Yobuko. Comme l'annonce la plaque, un immense pont est immédiatement visible:
Mais surtout, lorsqu'on entre un peu plus dans la ville, on voit que c'est la baleine qui est représentée partout. En effet, la côte se trouve le long du trajet des baleines, et c'est donc un bon spot d'observation. Du coup, tout est décliné sur le thème de la baleine. Par exemple, les bateaux qui permettent d'explorer le littoral sont en forme de baleine (pour ne pas effrayer les vraies, sans doute):
Et la nature fait terriblement bien les choses, puisqu'une île a même une forme de baleine:
Bien sûr, ce n'était pas la saison pour voir les baleines, donc l'exploration s'est limitée à la côte, qui, ceci dit, présente des grottes assez impressionnantes:
Pour les baleines, il faudra croire la publicité sur parole. En revanche, l'autre argument de la plaque est la seiche, qui semble abondante dans les eaux du coin. Et là, il semble que cette denrée soit effectivement très présente, car des petits séchoirs à seiches tournent à tous les carrefours:
Une fois séchée, la seiche se consomme en apéritif, et se présente comme des petites ficelles. Mais lorsqu'on est à Yobuko, on peut rapporter de la seiche séchée en souvenir, mais il est de bon ton d'aller déguster de la seiche fraîche au restaurant. Le restaurant le plus fameux est situé sous l'eau, afin de voir nager au-dessus de sa tête les amies de celle que l'on est en train de manger. Mais à moins de réserver plusieurs mois à l'avance, impossible de trouver une place. Heureusement, d'autres enseignes, moins prestigieuses (et moins chères) proposent le même menu, dans un cadre plus traditionnel. Voici donc le menu:
Vous avez l'impression qu'elles vous regardent? Eh bien c'est le cas; d'ailleurs, elles remuent encore!

mardi 26 décembre 2017

Okayama, ville de Momotarō-kun

Okayama, carrefour ferroviaire, routier et maritime sur les rives de la mer Intérieure, est connue pour être la ville d'origine du légendaire Momotarō-kun. Le ton est donné dès qu'on arrive dans la ville, avec la plaque locale, représentant Momotarō-kun et ses fidèles compagnons, un chien, un singe et un faisan:
Quelques plaques, plus rares, font la promotion de la propreté de la ville et de son réseau d'égouts:
Mais même pour cela, certaines plaques mettent à nouveau en scène Momotarō-kun:
Ce personnage légendaire est aussi représenté sur la plaque des pompiers. On l'aura compris: Momotarō-kun est omniprésent à Okayama, ses représentations s'affichent à tous les coins de rue, et même sous nos pieds!
Il est temps d'expliquer un peu mieux cette légende de Momotarō-kun... Pour faire court (il existe des variantes, plus ou moins longues), une vieille dame lavait un jour son linge dans la rivière, vers Okayama donc, et vit une pêche flotter sur l'eau. Un petit garçon en sortit: avec son mari, ils l'adoptèrent et le nommèrent Momotarō, littéralement "garçon venu d'une pêche". En grandissant, le garçon devint un gros paresseux: gros parce qu'il ne pensait qu'à manger (mais donc aussi très fort); paresseux parce qu'il ne faisait jamais rien. Un beau jour, son père l'envoya chercher du bois, mais contrairement aux autres enfants, il était trop fainéant pour couper du bois. Aussi, par facilité, il préféra déraciner un gros arbre entier et le rapporter chez lui. Alerté par la rumeur de cette force surhumaine, le seigneur du coin le convoqua et le chargea d'une mission: anéantir les démons de l'île d'Onigashima (en fait, c'est l'île de Megijima; Onigashima est la grotte des ogres, sur cette île), qui pillaient régulièrement la région. Tout fier, Momotarō-kun en oublia sa paresse et partit accomplir cette basse besogne. En chemin, il rencontra un chien, puis un singe et enfin un faisan, qu'il s'acheta comme compagnons grâce à des gâteaux préparés par ses parents pour la route. Arrivés sur l'île, Momotarō-kun, aidé de ses 3 compagnons, anéantit les démons, captura leur chef grâce à son sabre (il était très fort ET armé), s'empara d'un trésor (le butin des pillages) et délivra les habitants de l'île (voire de toute la région). Son retour fut glorieux et il devint (enfin) la fierté de ses parents, effaçant ainsi des années de fainéantise.
Cette légende locale est très célèbre à travers tout l'archipel: on comprend alors pourquoi Momotarō-kun est autant apprécié dans sa ville d'origine. En effet, on le retrouve absolument partout. Dès la sortie de la gare, on tombe dessus:
Le long des trottoirs, sa statue indique le passage pour les piétons (les passages suivants sont indiqués par son chien, son singe et son faisan):
L'entrée des boutiques est aussi décorée à son effigie:
L'idole a même donné son nom à une marque de jeans de la région; le jean étant une spécialité locale. Bref, Momotarō-kun est à Okayama ce que la Tour Eiffel est à Paris: une boussole, un phare dans la nuit... Mais la ville a bien d'autres atouts. En particulier, son jardin, Kōraku fait partie des jardins japonais les plus réputés. Cette notoriété n'est pas volée:
Ce parc date du XVII° siècle, et il est remarquable pour ses pavillons, ses ponts et sa végétation impeccablement entretenue. Petite astuce personnelle: afin d'avoir le paysage rien que pour soi, il est vivement recommandé de se rendre dans le jardin au moment où un gros orage est attendu; et là, il y a moyen de passer 2 heures contre un bâtiment, entre le mur et la gouttière, à contempler le jardin sans personne... C'est vraiment magnifique. Humide mais magnifique. Ce jardin jouxte le château de la ville. Pour s'y rendre, il suffit de franchir le pont au-dessus des douves. Ceux qui veulent passer directement dans les douves peuvent le faire, grâce aux pédalos en forme de canard:
Les amateurs d'OSS117 apprécieront cette petite touche de fantaisie. L'entrée du château est marquée par une boîte aux lettres assez originale:
Le phénomène semble de plus en plus répandu au Japon; après tout, si les plaques d'égout sont décorées, pourquoi les boîtes aux lettres n'en feraient-elles pas autant? Et enfin, le château, surnommé U-Jō ("Château du Corbeau") pour sa couleur noire, se dévoile enfin:
Comme beaucoup d'autres, il date de la fin du XVI° siècle, mais il a été reconstruit à plusieurs reprises, en particulier à la suite des bombardements de 1945. Les soirées d'été, cet imposant château fait l'objet d'une mise en scène très réussie:
Parasols multicolores et illuminations ornent la façade et le parc. La météo du jour a sans doute contribué à une faible fréquentation, mais c'est bien regrettable, car les flaques offraient des reflets plutôt intéressants:
Le périple ne serait pas complet sans une petite étape gastronomique. On pourrait s'attendre à ce que la spécialité d'Okayama soit la pêche. C'est un peu le cas, sur le papier du moins. En revanche, dans les magasins, le prix de la pêche (on n'envisage pas plus d'une) est rédhibitoire. Mais Okayama a d'autres ressources. Et la spécialité, plus accessible, et liée à la proximité de la mer Intérieure, c'est le sushi! Finalement, c'est un peu comme Momotarō-kun: la culture du Japon tout entier vient d'Okayama:
Bien sûr, on n'est pas obligé d'aller à Okayama pour déguster des sushis, mais ça a toujours plus de saveur lorsque c'est la spécialité de l'endroit où l'on se trouve. Pas de sushi de baleine ici (les poissons viennent de la mer Intérieure), mais la baleine se trouve parfois là où on ne l'attend pas. Par exemple, c'est à Okayama que j'ai goûté un melon-pan en forme de baleine:
Habituellement, le melon-pan tient son nom de sa forme, et non de son goût (le melon-pan est souvent nature, parfois seulement parfumé au melon); ici, cela devrait être un "whale-pan", mais il avait bien un goût de melon. Parce que oui, après avoir longuement hésité et admiré cette prouesse de la pâtisserie, je l'ai mangée avec moins de scrupules que si c'était vraiment de la baleine...