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dimanche 9 mars 2025

Amami, île à vélo

L'île d'Amami appartient à la préfecture de Kagoshima, mais se trouve dans le prolongement de l'archipel d'Okinawa. Cette île à l'ambiance tropicale affiche au centre de son village principal, Naze, ses plus beaux arguments:
Si cette première plaque est plutôt facile à trouver, disposée en de multiples exemplaires dans le village principal, il existe une autre plaque, beaucoup plus rare et beaucoup plus éloignée des zones de passage:
Pour être tout à fait honnête, je me suis renseignée à l'avance auprès de la mairie d'Amami sur la localisation de cette dernière plaque, aperçue sur Instagram, mais apparemment bien cachée. Un employé de la mairie a eu la gentillesse de répondre à mon improbable message et de m'indiquer la géolocalisation de cette plaque (si jamais il lit cet article: grand merci!): limitée à une petite rue longeant une école du village de Kasari, à la pointe nord de l'île. Bon, le village de Naze, où je compte m'installer, n'est pas vraiment à côté... Mais bonne nouvelle: le petit hôtel dans lequel j'ai réservé une chambre propose une location de vélo à la journée. Mon programme est alors établi: je vais louer un vélo et faire un périple à travers l'île jusqu'à la plaque à la tortue tant convoitée! C'est l'occasion de découvrir les paysages à mon rythme. Et puis, dès l'aéroport, on trouve des cartes "Amami à vélo": c'est donc faisable, non? Enfin, dit comme ça, le projet semble bien; dans la pratique, il faut prendre en compte quelques éléments complémentaires... Peu avant l'atterrissage, on découvre à quoi ressemble Amami; les couleurs évoquent bien le côté tropical (donc chaud):
Et lorsque l'avion est vraiment en phase d'approche, je réalise un autre petit détail... C'est pas plat:
Mais rien ne peut alors entamer ma motivation. Le matin, à 7h30, je me présente à l'accueil pour louer un vélo. Le prix est incitatif, à 500¥ la journée (soit environ 3,5€). Bien sûr, à ce prix, il ne faut pas s'attendre à un vélo de compétition. Voici l'engin qui m'a accompagnée:
J'aime bien cette photo, avec le vélo vintage, la plage et la forêt tropicale: cela me semble un bon résumé de mon passage sur l'île, dans tout son charme et toute sa douleur aussi. Précisons que ce vélo n'a pas de vitesses, que la selle est trop basse pour moi (et trop rouillée pour être remontée), et qu'il grince un peu. C'est donc avec un enthousiasme certain et un équipement douteux que je me lance. Le début est tranquille: les alentours de Naze sont presque plats, et le ciel légèrement voilé. Le charme désuet de l'île se manifeste dès le port et ses vieux bateaux à quai:
Dès la sortie du village, l'ambiance devient plus rurale avec un verger de papayers:
Rapidement, le ciel s'est dégagé et la température a grimpé de quelques degrés. Parallèlement, le trajet est devenu moins plat. Heureusement, j'ai pris soin de repérer quelques étapes intéressantes pour m'arrêter. Pour commencer, il y a le Heart-Rock. Il s'agit de rochers en forme de cœur, recouverts à marée haute, mais qui retiennent l'eau à marée basse, formant ainsi une petite piscine en cœur. N'ayant aucune idée des horaires des marées, je m'arrête le matin (si nécessaire, je peux revenir sur le trajet retour). Après m'être égarée sur un mauvais chemin, je finis par suivre une famille venue se prendre en photo devant ce spot. Pour l'atteindre, il faut traverser, sur quelques dizaines de mètres, une sorte de jungle:
La densité de la végétation ne laisse pas trop imaginer ce que l'on trouve à la sortie: une plage ensoleillée avec une eau turquoise. Le Heart-Rock est bien indiqué, quand bien même il serait difficile de ne pas le trouver:
Par chance, la marée est basse, permettant d'admirer ce lieu emblématique:
C'est vrai que le site est joli, et pas envahi de monde. Je profite un peu du moment, avant de poursuivre mon périple. La suite est plus difficile, avec plus de dénivelé et une chaleur de plus en plus étouffante. Les quelques (rares) cyclistes croisés semblent souffrir aussi. Au sommet d'une côte, il y en a un qui me lance: "je suis fatigué!" dans un éclat de rire. Après avoir atteint le point le plus au nord de mon itinéraire et découvert la fameuse plaque à la tortue, le trajet retour me semble insurmontable... L'île semble cependant équipée de kits de survie, puisqu'on trouve des distributeurs de boissons fraîches le long de la route au milieu de rien:
Mais dans mon état, j'ai préféré faire une vraie pause dans un petit café. Mon choix s'est porté sur un tout petit café, au bord de la route et surplombant la côte, avec un jardin rempli de fleurs tropicales (hibiscus, frangipaniers, bougainvilliers). Le café étant vide avant mon arrivée, j'ai trouvé la dame en train de jardiner. Lorsqu'elle m'a vue sur mon vélo (elle a vérifié qu'il y avait pas de moteur), elle a semblé étonnée et m'a demandé mon itinéraire. Et là, elle s'est figée: "même les montées?!" En effet, même les montées! Elle m'a alors installée à une table, et tandis que son mari me préparait une délicieuse boisson fraîche, elle est allée me chercher des petites lingettes rafraîchissantes. Je ne connaissais pas le principe, mais cela a sauvé ma journée. Elle m'a appliqué des lingettes sur la nuque et sur les cuisses; visiblement, mon apparence l'a un peu effrayée. Ces lingettes ont un pouvoir magique: cela donne vraiment la sensation de faire baisser la température du corps. En cas de coup de chaud, on se sent mieux instantanément et durablement. Comme ce couple a été adorable avec moi, je me permets de faire un peu de publicité pour leur café:
Pour ceux qui ont la chance d'aller à Amami, je vous recommande cette adresse! Je serais bien restée là des heures, à papoter avec eux, confortablement installée sur leur banquette (plus souple que la selle...), en écoutant des vieux rocks des années 1950... Mais je dois rentrer à Naze. Grâce au café frappé, aux lingettes et à leurs encouragements, j'ai retrouvé assez de force pour redémarrer. Sur leurs conseils, je me suis arrêtée à la plage Yoan, où l'on peut voir "parfois" des tortues marines:
La notion de "parfois" est assez extensible. En pratique, je n'ai vu aucune tortue; mais la plage est très belle, donc l'étape est plaisante. Il m'a fallu ensuite rentrer jusqu'à Naze:
En rendant mon vélo à 20h, un petit sentiment de satisfaction m'envahit: j'ai réussi à trouver les plaques convoitées, et j'ai découvert pas mal de sites que je ne connaissais pas. Il me restera de nombreux souvenirs gravés de cette excursion. Dans ma tête: de belles images, des ambiances chaleureuses (au sens propre comme au figuré), des rencontres sympas. Dans ma peau: le "bronzage Amami" (modèle breveté), avec marque du short sur les cuisses encore visible plus de 6 mois après et cloques sur les épaules... Bref, Amami, ça se vit!

samedi 18 février 2023

Bangkok, cité des anges et des égouts (et des tuktuks et du piment aussi)

Bangkok, capitale de la Thaïlande, n'a pas a priori sa place sur un blog sur les égouts japonais... Sauf que mes quelques pérégrinations dans la cité des anges montrent que la ville est un petit trésor en la matière. La première plaque débusquée correspond à une scène de rue fréquemment observable, la moto surchargée de marchandises:
Quelques mètres plus loin, c'est une famille attablée autour d'un bon repas qui s'offre à nous:
Vient ensuite un homme ramant sur le canal:
Une plaque plus technique, avec des inscriptions calligraphiques dans un thaïlandais stylisé, suit le long de la même promenade:
Une autre, dans une calligraphie un peu différente, est cachée à peine plus loin:
Dans le prolongement de cette promenade, un pont enjambe la Chao-Phraya. J'ai voulu y aller pour admirer la vue sur la ville. Contre toute attente (oui, sur un pont, on ne s'attend pas trop à des plaques d'égout), une plaque met en valeur ce site:
On peut toutefois noter que le paysage est beaucoup plus verdoyant que celui observé par-dessus la rambarde... Mais de l'autre côté du pont, c'est la version "coucher de soleil" qui s'affiche:
Dans un autre quartier, une plaque fleurie, d'inspiration bien japonaise, vient orner le trottoir:
Et juste à côté, un bâtiment mystérieux est exposé:
Bon, le mystère est assez relatif, car les rails laissent penser qu'il s'agit de la gare; mais elle n'est pas visible depuis l'emplacement de la plaque. Le passage, à un tout autre moment, devant la gare de Bangkok a confirmé cette intuition:
Pour ce qui est des transports, le train n'est pourtant pas le mode de déplacement dominant (ce qui est assez évident dans la ville): les lignes sont assez peu nombreuses. En revanche, Bangkok est une ville qui bouge beaucoup, et les moyens de transport ne manquent pas de variété ni d'originalité. Les légendaires tuktuks slaloment au milieu de la circulation, tous bariolés et customisés par leur propriétaire:
Les motos, mobylettes et scooters s'agglutinent à chaque feu rouge pour démarrer à toute vitesse lors du passage au feu vert:
Bien sûr, les bateaux, les métros, les bus, les vélos et les voitures ou taxis complètent la panoplie, mais cela correspond davantage à ce que l'on peut trouver en Europe. Un autre réseau mérite cependant un coup d'œil, c'est le réseau électrique, bien typique de l'Asie avec ses enchevêtrements de lignes dans tous les sens:
Je voulais prendre en photo les fleurs de frangipanier, mais elles étaient difficiles à discerner derrière les fils... J'ai quand même réussi à en trouver par ailleurs, pour mon plus grand bonheur:
Outre les frangipaniers, les orchidées, le jasmin et tout un tas d'autres fleurs colorées illuminent la ville. Les marchés aux fleurs sont nombreux:
On trouve aussi des marchés pour tous les produits, et c'est relativement dépaysant, que ce soit pour le décor ou pour les produits vendus. Pour le décor, Bangkok est réputée pour ses marchés flottants à l'ambiance unique:
Pour ce qui est des produits, on y trouve des stands assez alléchants:
En effet, le thé est une valeur sûre. Pour les fruits, on se sent un peu plus perdu face à des choses inconnues (cela dit, mon ignorance sur le sujet n'est pas forcément liée à l'exotisme, puisque j'ai découvert il n'y a pas si longtemps ce qu'était le kaki):
Je n'ai pas tout testé. En revanche, il est un fruit que l'on trouve partout, et que j'ai eu la malheur de goûter, c'est le durian:
Et là, vraiment, c'était une mauvaise idée. Pour ceux qui ne connaissent pas et qui ne voudraient pas se faire piéger, vous pouvez ainsi savoir à quoi ça ressemble (et même voir comment ça s'écrit en thaïlandais, au cas où...). Le goût est à peu près aussi affreux que l'odeur (qui à elle seule justifie l'interdiction de ce fruit de l'enfer dans la plupart des lieux publics). D'autres stands ont dû faire l'objet d'un vrai travail de mise en forme, avec un étalage monochrome (photo réalisée sans filtre):
Le plus effrayant peut-être est tout de même le stand de piments:
Il y a de quoi alimenter en piments la planète entière rien que sur un marché! Et il y a des marchés à tous les coins de rue. Et ça inquiète un peu sur les spécialités locales... Autre source d'inquiétude, c'est l'huileÀ l'heure où l'Europe est en pénurie d'huile, les rayons des supermarchés de Bangkok croulent sous le poids des bouteilles:
J'ai trouvé où étaient les stocks mondiaux! Par contre, je ne sais pas dans quelle(s) spécialité(s) les Thaïlandais utilisent autant d'huile. Avant de goûter quelques plats, une petite balade dans la ville s'impose. Le Chinatown fait partie des quartiers incontournables de la ville:
Il s'agit là de la face présentable. L'autre version, visible depuis la fenêtre de la chambre d'hôtel, est moins lumineuse:
Cela dit, vu du sol, le quartier reste très animé et agréable. Bangkok est aussi très réputée pour ses nombreux temples et palais. Impossible de tout visiter, mais on peut donner ici un tout petit aperçu des plus célèbres. Le Wat-Arun est éblouissant de dorures, et de nombreuses statues colorées observent les visiteurs:
De l'autre côté de la Chao-Phraya se trouve le Wat-Pho, plus calme, mais à l'architecture impressionnante aussi:
Les rives de la Chao-Phraya, justement, permettent d'admirer l'étendue de la ville:
Parmi les hauts lieux que tous les touristes branchés visitent, il y a la Khaosan road. Il s'agit essentiellement de boutiques de souvenirs bizarres, de spécialités culinaires bizarres (comme les scorpions grillés... qu'aucun Thaïlandais ne consomme). Parmi toutes ces curiosités, une a réussi à capter mon attention, le fameux Freddie Rice Cury (oui, oui):
Je me suis contentée de la photo, mais j'ai plutôt goûté à des spécialités plus renommées. En particulier, le pad-thaï est excellent:
Moins connue au niveau international, mais très parfumée, la soupe tom-kha-gaï se déguste sur les rives de la Chao-Phraya en regardant passer les bateaux:
Et là, j'ai compris comment étaient utilisés les piments du marché: il doit y avoir la moitié d'un sac dans ce bol de soupe. Information pratique: les piments rouges flottent et peuvent ainsi être retirés facilement, tandis que les piments verts coulent, ce qui est plus traître. Pour rajouter un peu à la chaleur ambiante (environ 30°C) et à celle des piments, le bol de soupe est servi sur un support chauffé par une bougie (mieux vaut être sûr, hein). Pour finir sur un peu de douceur, il y a une autre spécialité, pas très célèbre mais esthétique et savoureuse, c'est le blue butterfly pea latte:
Il s'agit d'une fleur bleue endémique (si j'ai bien compris), dont on tire une poudre ou que l'on fait infuser, ce qui donne des boissons délicatement bleutées. Bon, c'est juste un petit aperçu très partiel et partial d'une ville gigantesque... Et si la mode des égouts se répand en Thaïlande, voire en Asie, il va falloir mener des enquêtes plus poussées!

mercredi 20 juillet 2022

Higashi-Hiroshima, gare aux plaques

La chaleur actuelle a tendance à nous faire plonger dans l'ambiance des étés japonais... même si l'humidité n'est pas tout à fait suffisante pour se sentir exactement dans le même état. C'est l'occasion de retourner voir quelques plaques! Mais bon, je l'avoue, assommée par la chaleur, je choisis ici la facilité avec la découverte de Higashi-Hiroshima (littéralement "Hiroshima-Est"). C'est d'ailleurs aussi par facilité que je m'y suis rendue, puisqu'une adepte japonaise des plaques, vivant dans la région, m'avait recommandé d'aller y faire un tour: il suffit de tourner autour de la gare pour en trouver "au moins 12" différentes! Un déplacement rentable, donc. J'ai suivi ses conseils, et après une journée bien remplie, j'ai fait un crochet par la gare de Higashi-Hiroshima pour alimenter ma collection sans fatigue excessive. Et ce fut un succès, puisque j'y ai découvert pas moins de 14 spécimens différents:
De fabrique de sake en salamandre alanguie, de fleurs en lucioles, de tanuki pressé en violoncelle, de nèfles en plan de ville, il y en a pour tous les goûts (tout l'égout) et les couleurs! J'ai quand même pu apercevoir la fabrique de sake, immortalisée par une plaque (la numéro 2 ici):
Mais bon, il était trop tard pour la visiter... Et puis, il faisait trop chaud pour rajouter une visite à la fin d'une journée par ailleurs déjà chargée. Et oui, il faut l'avouer, je n'aime pas le sake... Bref, je ne sais pas s'il y a énormément de choses à voir à Higashi-Hiroshima, mais pour les amateurs de plaques, la rue devant la gare est un paradis!